Les clés de l’écriture – #2

— CLÉ # 2 —

Ne vous contenter pas du protagoniste, utilisez l’antagoniste.

Soyez exigeant avec le protagoniste, il peut apparaître sans épaisseur et s’avérer très peu actif au cours du récit. Il perd de son intérêt et le lecteur s’identifie moins à lui. Cependant, utilisez un adversaire archétypal et il sera plus efficace qu’un protagoniste mal caractérisé, parce qu’il renforcera le conflit qui porte l’histoire. En fait vous avez plus à craindre de vos personnages principaux que des secondaires. Si vous n’avez pas d’antagoniste, soignez les obstacles qui entravent la progression du protagoniste.

Il est naturel de vouloir employer son protagoniste et ses personnages principaux pour porter le récit. La lecture peut être fastidieuse, la sympathie envers ses personnages peu l’adoucir. Par ailleurs, on les connaît. Pourquoi s’en remettre à un personnage nouveau et mal caractérisé quand on a protagonistes sous la main ?

Le problème est que l’on ne connaît pas ses personnages aussi bien qu’on le croit. Souvent, ils évoluent en dehors de la trame que l’on avait prévue pour eux. Ils sont conformes à l’intrigue sans mettre en exergue ses incohérences. Ils s’épanouissent sous votre plume. Puisque l’auteur n’a pas forcément l’occasion d’avoir un regard extérieur, il se peut que vous ignoriez la véritable qualité de vos écrits. Vos lecteurs vous diront qu’ils aiment votre art, qu’ils adorent vos textes, qu’ils envient vos idées ; c’est peut-être vrai, mais pas toujours, tant s’en faut.

Quand vous décidez de caractériser un protagoniste, vous découvrez progressivement certains aspects que vous n’aviez pas anticipés. Curieusement, si votre attachement envers lui qui fausse tout. On a besoin de sentir qu’on a pensé à tout. Une facette de la personnalité peut devenir contraignante si elle est motivée par nos propres goûts, et non son utilité pour l’intrigue. Il y a dans le fait d’employer uniquement des protagonistes un effet de déséquilibre qui affecte la qualité du récit.

Caractériser un protagoniste au détriment de l’antagoniste va inévitablement limiter l’impact de votre texte. Un protagoniste peut rarement porter à lui seul l’intrigue. Enfin, les obstacles et le conflit sont bien plus importants que l’aventure d’un unique personnage.

Toutes les situations narratives nécessitent une sorte de qualification entre les personnages, de sorte à distinguer leur nature et leur implication dans l’histoire. Les personnages doivent à la fois subir et engager l’action, il ne faut pas qu’ils soient le prétexte pour simplement décrire votre univers.

Ne vous laissez jamais dépasser par la faiblesse d’un protagoniste ou la force de l’antagoniste. Votre récit sera bien meilleur avec un ou deux antagonistes déclarés que lorsque le protagoniste les seules dans son aventure n’affronte personne. Un auteur accompli accueille le conflit, le développe, utilise les antagonistes pour soutenir son intrigue.

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