Les clés de l’écriture – #6

— CLÉ # 6 —

Captez l’attention à tout prix.

Tout n’est qu’impression. Ce qui ne suscite aucune émotion ne compte pour rien. Ne vous perdez jamais dans les descriptions, sinon le lecteur sombrera dans l’ennui. Surpassez-vous. Développez une intrigue captivante et provoquez une sensation à chaque phrase. Créez un style magnétique, faites apparaître votre univers plus grand, vos personnages plus profonds, vos dialogues plus vivants. En sommes, donnez du panache à vos écrits et toute l’attention du lecteur se focalisera sur votre prose.

 

Maintenir l’intérêt du lecteur tout le long de son texte n’est pas un talent inné. Vous devez apprendre à capter l’attention « aussi sûrement que l’aimant attire le fer ». Au début de votre texte, distinguez votre univers, et en particulier votre protagoniste, par une spécificité ou une image qui installe l’ambiance de votre histoire. Cette image peut être un style travaillé, une bizarrerie de la personnalité du protagoniste qui intrigue ou un élément du monde qui dépayse totalement. Une fois l’image établie, vous avez une impression forgée dans l’esprit du lecteur.

C’est une erreur assez commune de croire que cette impression singulière ne doit pas être suscitée dès le début du récit ni être perturbante ou que le fait de décontenancer le lecteur est néfaste. Cette clé d’écriture ne repose pas sur la nature du sentiment inspiré au lecteur, mais sur son intensité, et l’étendue de l’intérêt pour l’histoire qu’il engendrera chez le lecteur. Il s’agit de hiérarchiser les scènes en travaillant celles contenant des révélations ou aux charnières de l’histoire. L’accent est également à mettre aux scènes intermédiaires, faisant avancer l’histoire, pour ne pas créer l’ennui ni de l’impatience vis-à-vis de péripéties plus grandiose. Ne cherchez pas à lisser le spectaculaire, dosez-le avec pertinence.

Une bonne histoire a grand besoin de personnalités sinon flamboyantes, du moins des individus qui tranchent avec la banalité du quotidien. Ne modérez donc pas les caractéristiques qui distinguent les personnages et qui attirent l’attention sur eux. Cultivez l’audace et même la controverse. Mieux vaut que le lecteur soit interpellé, voire stupéfié, que blasé. Si vos personnages ou les rebondissements manquent de lustre, cherchez l’inspiration dans les œuvres qui vous ont transporté, ou les épisodes de votre vie qui vous ont le plus marqué. C’est une méthode très efficace pour rendre votre récit captivant. Tout sentiment de colère ou de tristesse provoqué par la narration engendrera un effet similaire.

Faire, et faire paraître. Un texte ne divertit pas pour ce qu’il est, mais pour l’émotion qui se dégage de la narration. L’utilisation de cet aspect de l’écriture implique un vaste éventail d’idées. Tout l’enjeu consiste par la suite à renouveler l’attention en adaptant et en variant votre méthode, faute de quoi le lecteur se lassera, se désintéressera du récit et se refermera le livre. Cette pratique exige une rigueur constante et une grande créativité. Il est préférable de créer quelque chose de spectaculaire ou de dérangeant, que de contenter les lecteurs avec des ressorts scénaristiques connus d’avance. La suggestion peut également s’avérer un puissant allié pour atteindre ce but. Ce qui n’est pas écrit a parfois plus d’impact que ce qui explicite.

À retenir : le lecteur doit découvrir des révélations ou des issues à des situations auxquelles il n’aurait jamais pensé. Dès l’instant où il pense qu’il aurait pu écrire l’histoire autrement, et surtout en mieux, vous perdrez toute considération à ses yeux. Si vous montrez clairement que vous maîtrisez votre histoire en créant la surprise et l’émerveillement, vous gagnerez leur curiosité et toute leur attention portera sur vos écrits. Souvenez-vous cependant d’utiliser de tels procédés avec mesure lorsque vous êtes en phase de réécriture : il ne faut pas confondre amélioration et surenchère.

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