Pourquoi les univers parallèles n’existent pas

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Un univers désigne la réalité au sein de laquelle se trouve contenue l’intégralité de ce qui existe et où se produit l’intégralité des phénomènes physiques. Il constitue pour un individu l’ensemble de ce qu’il est en principe possible d’observer, d’explorer, et de manipuler.

Si cette définition n’a rien d’universel, il s’agit de la conception adoptée pour la suite du propos. Selon cette acception commune, l’univers a la propriété d’être de taille infinie et d’être régi des lois physiques identiques en tout lieu et en tout temps.

En l’état actuel de nos connaissances, l’univers dans lequel nous nous situons, du moins la portion que nous sommes en mesure d’observer et d’analyser serait unique. Même si le modèle standard de la cosmologie accuse quelques lacunes et autres difficultés à unifier la mécanique quantique et la relativité générale, il n’offre pour l’heure aucune preuve de l’existence d’un univers différent du nôtre. Pour autant, il existe des théories qui s’interrogent quant à la possibilité que notre univers ne soit pas unique, mais un parmi d’autres. Il y aurait un ensemble d’univers formant un vaste multivers.

Cette hypothèse cosmologique, dite des univers multiples, suppose les trois postulats suivants :

  1. Le principe d’équivalence : chaque possibilité a la même probabilité de se produire. Si une probabilité ne se produit pas dans un univers, elle se concrétise dans un autre. Ainsi, un nouvel univers se crée pour chaque éventualité. Par exemple, si un individu tire à pile ou face, la pièce affichera face dans un univers et donc pile dans un autre. Tout univers possède donc en absolu une probabilité d’exister équivalente à n’importe quel autre univers indépendamment des probabilités qu’un résultat survienne plutôt d’un autre au sein d’un univers donné ;
  2. Le principe d’infinité : si chaque probabilité s’exprime à travers un univers, ou qu’il existe un univers pour chaque possible, alors il existe infinité d’univers dont le nombre augmente indéfiniment. Dans le cas d’un individu qui tire à pile ou face, il existera un univers différent où le tirage se fait avec une pièce différente, avec une personne différente, dans un lieu différent. Il n’y a de limite d’univers que la limite des variations possibles à chaque instant pour tout phénomène physique ;
  3. Le principe d’inaccessibilité : chaque univers, même s’il découle d’un autre, est unique, distinct des autres et inaccessible entre eux. Il y a une absence naturelle et spontanée d’interaction entre la matière de chaque univers. Cette caractéristique vient du fait que s’il y a interaction, et plus particulièrement échange de matière d’un univers à l’autre, alors l’ensemble répond à la définition d’un univers et n’en forme donc plus qu’un. L’individu qui a obtenu pile ne peut pas rencontrer sa version de lui-même qui a obtenu face, ni aucune autre version selon que le tirage augure une multitude de variations, et donc d’univers parallèles

 

La formulation de ces postulats revêt quelques problèmes d’ordre logique indépendamment de toute expérimentation physique.

S’il existe une infinité d’univers avec une infinité de variations différentes, alors il devrait exister un univers à l’intérieur duquel des individus ont découvert le moyen de voyager entre univers. L’un de ces univers devrait avoir réussi à nous contacter et manifester sa présence. Or ce n’est actuellement pas le cas.

Certes, l’absence de preuve n’induit pas une preuve par l’absence. Toutefois, cette absence de visiteurs d’outre-univers entraîne un paradoxe. Si l’absence de contact avec un autre univers tendrait à valider le troisième postulat selon lequel les univers seraient inaccessibles les uns des autres, cela entre en contradiction avec le deuxième postulat selon lequel l’infinité des possibles induit nécessairement l’existence d’un univers où des individus parviennent à voyager entre univers. Quand bien même s’affranchirait-on du postulat d’inaccessibilité entre univers que cette absence de contact n’en demeure pas moins problématique.

L’hypothèse selon laquelle d’éventuels visiteurs se cacheraient ou que nous ne serions pas en capacité de détecter leur présence ne suffit pas à expliquer le fait que nous n’ayons à ce jour connaissance d’aucun visiteurs d’outre-univers. Si parmi l’infinité d’univers il en existe un avec des individus ayant développé la capacité de voyager entre univers, il y devrait nécessairement se trouver une version de cet univers où des visiteurs seraient présents dans le nôtre et nous informeraient de leur présence dans notre univers. En poussant le résonnement, s’il existe une infinité d’univers, dont certains entreraient en contact avec nous, alors nous devrions être en présence d’une infinité de voyageurs dans notre univers. Voilà pourquoi l’absence de visiteurs ne peut pas non plus s’expliquer par le fait que si interactions il y avait, elles ne se seraient pas encore produites, soit qu’elles produiraient plus tard, soit qu’au lieu d’être l’univers isolé, nous serions le premier univers à être celui qui en visite d’autres. Si parmi l’infinité d’univers il en existe certains avec des individus ayant développé la capacité de voyager entre univers, les probabilités feraient qu’il y devrait nécessairement se trouver des versions où la technique a été développée avant nous. Ainsi, si tant est que les univers parallèles existaient, nous seulement nous devrions avoir des visiteurs, mais de surcroît cela aurait déjà dû se produire.

Une autre hypothèse suggérerait que parmi l’infinité d’univers possibles, il devrait en exister un où les probabilité d’entretenir des relations avec aucun autre univers seraient nulles. Cet univers isolé serait le nôtre, expliquant pourquoi personne ne nous rend visite, et pourquoi ne nous ne rendons visite à personne. Cela ne tient pas en raison du premier postulat qui institue le principe d’équivalence, à savoir que la probabilité qu’un certain univers existe serait strictement égale à la probabilité de tous les autres univers d’exister. Même si une probabilité est négligeable ou infinitésimale, elle n’en reste pas moins non nulle, si bien qu’aucune ne peut être exclue et chacune se produirait nécessairement dans un univers distinct. Il n’y aurait donc pas un univers qui aurait plus de chance d’exister qu’un autre, même si certains événements à l’intérieur d’un univers ont une probabilité plus grande de se produire qu’à l’intérieur d’un autre. Par conséquent, cela induit un second paradoxe puisque tout univers a autant de chance d’être isolé des autres univers que d’être visité par un ou plusieurs autres univers.

À l’inverse, en considérant que tous les univers seraient véritablement inaccessibles entre eux, cela entraînerait un paradoxe avec le principe d’infinité et celui d’équivalence. Si aucune interaction ni aucun échange d’aucune sorte n’est possible entre univers, alors cela signifierait que le nombre d’univers possibles est fini puisque cela exclut tous ceux où l’interaction entre différents univers serait possible. Cela impliquerait que toutes les possibilités n’ont pas la même probabilité de se produire et que certaines probabilités ne donnent lieu à aucun univers. Auquel cas, si des probabilités sont nulles en absolu et ne se concrétisent jamais certaines possibilités, alors il n’y pas de lieu de penser qu’une probabilité qui ne se réalise pas dans notre univers crée nécessairement un univers par ailleurs, quand bien le principe d’inaccessibilité serait respecté. Sans compter qu’en physique, une règle universelle ne souffre aucune exception. Ce faisant, soit tout est possible à travers une infinité d’univers, soit il n’y a qu’un univers avec un nombre fini de possibles qui peuvent survenir. Or comme la première solution est impossible en raison des paradoxes précédemment décrits, il ne peut y avoir d’univers multiples, si bien que notre univers est l’unique qui existe.

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