Star Trek Discovery, ou le vaisseau amiral du progressisme

Star Trek Discovery,

ou le vaisseau amiral du progressisme

Le même cancer qui vérole Star Wars, et plus généralement toute la sphère intellectuelle contemporaine, vient de contaminer l’autre franchise phare de la Science Fiction : Star Trek. Cette production signée CBS s’apparente à une ode au multiculturalisme et au progressisme. Force est de constater que Star Trek devient un outil au service d’une idéologie militante dont le maître mot est subtilité. Bienvenue à bord du tout nouvel appareil d’exploration de l’aimable Fédération des Planètes Unies : USS Discovery, ou l’USS Diversity devrait-on plutôt dire. Prenez place, et plongez dans univers où les délires féminisent infestent chaque recoin du scénario au point qu’on jurerait que chaque épisode a été écrit par un Social Justice Warrior.

Les personnages masculins,

ou l’avènement de l’untermensch néoténique

Aaaah, que serait Star Trek sans un fier équipage composé de personnages authentiques et attachants ? À l’heure les féministes tiennent une savante comptabilité du pourcentage d’individus masculins au cinéma et à la télévision avec la même prodigalité qu’un fonctionnaire allemand durant les années 30, autorisons-nous un examen desdits personnages mâles de sorte à déceler le sort réservé à l’homme traditionnel dans ce futur radieux.

Gabriel Lorca : capitaine du vaisseau Discovery Diversity. S’il endosse en apparence le rôle du bon capitaine, avisé et aux prises de décision efficaces, le personnage s’avère ambigu. Dès le début ses motivations pour recruter Burnham laissent planer le doute d’une attirance envers elle, ce qui sera appuyé plus tard quand il couchera avec un membre du conseil de la Fédération pour obtenir une faveur, et il est connu pour des méthodes hétérodoxes. Lorca se veut l’avatar du mâle, prédateur sexuel, avec une morale à géométrie variable, dont l’intégrité sera complètement vaporisée au cours de la série quand on apprend qu’il provient d’un univers parallèle où il fomente un coup d’État. Sauf qu’au lieu de vouloir renverser la dictature en place, il entend accéder au trône en bon mâle avide de pouvoir, et ainsi devenir empereur à la place de l’impératrice qu’il juge pas assez raciste. Un crime de lèse-majesté qui lui coûtera le fait de finir griller dans un soleil artificiel.

Paul Stamets : c’est le premier personnage explicitement homosexuel de toute la franchise Star Trek (exception faite de Sulu dans le film Star Trek – Beyond où ce n’est que suggéré durant quelques secondes sans que cela ne constitue un élément narratif de premier plan). Les prosélytes progressistes créateurs de la série ont explicitement indiqué qu’ils voulaient présenter la sexualité de Stamets de la même manière que les gens le feraient dans la vie. Naturellement, ladite homosexualité est mise en scène à travers un couple d’hommes et non de femmes, sinon tout l’intérêt de briser l’image de l’homme hétérosexuel perdrait de sa substance. Stamets partage eb effet sa couche avec Hugh Culber, qui non content d’être également un membre d’équipage, est noir, histoire de bien appuyer le multiculturalisme. Subtil…

Saru : scientifique et commandant en second du Diversity, il s’agit d’un Kelpien, sorte d’alien humanoïde. Preuve du progressisme de la lumineuse Fédération, il est le premier de son espèce à officier à bord d’un vaisseau spatial. Génial, super idée de montrer de la tolérance envers une espèce qui n’existe pas dans la réalité ! Même s’il est clairement une entité de sexe masculin, son physique et ses manières sont l’antithèse de la virilité : il présente une carrure haute et squelettique avec des membres fins, aucune musculature ni pilosité apparente. Un phantasme ambulant pour tout féminisme qui ambitionne de déconstruire la figure archétypale de l’homme. Saru s’exprime de manière soutenue, veille au respect des règles et des personnes sans jamais développer la moindre attirance avec qui que ce soit. L’être lisse et flasque par excellence. À défaut de mettre un sous-titre pour éduquer sensibiliser le fasciste qui s’ignore spectateur civilisé en l’invitant à ne pas se montrer violent et à respecter les hommes maniérés, la présence de Saru consiste à montrer qu’une personne à la silhouette improbable et en apparence pleutre serait capable de courage et de diriger tout un équipage.

Ash Tyler : introduit dans la série comme un prisonnier détenu par les Klingons. Le personnage s’impose dans un premier temps comme le soldat de la troupe, l’homme fort et vaillant qui prend les choses en main, et qui ira même jusqu’à tisser une petite romance avec Burnham (3615 Métissage bonjour). Toutefois, étant donné que toute virilité doit être proscrite, Tyler accuse un physique longiforme et sera en proie à un état de stress post-traumatique : donc un homme, certes, mais faible physiquement et mentalement. On apprend plus tard que ce n’est finalement pas un humain, mais une créature hybride renfermant l’esprit d’un Klingon, et ses ardeurs seront définitivement refroidies en étant téléporté dans le vide sidéral.

Brett Anderson : amiral du vaisseau USS Europa. Personnage très intéressant par plusieurs aspects même s’il n’est présent que brièvement dans la série. Il s’agit de la seule figure masculine archétypale, de toute la série, à savoir un homme grand, blanc, blond, musclé faisant preuve d’autorité et de détermination (Il rappelle le commandant du Destroyer au début Star Wars VIII, seul individu un tant soit peu intelligent avec de l’épaisseur qui finira balayé par les nécessité du cahier des charges LGBT). En somme, un authentique capitaine de la trempe de Kirk ou Picard. Sauf que la série voue une aversion à l’homme blanc, blond, cisgenre et dominateur. Ce faisant, l’amiral Anderson apparaît uniquement sous forme holographique, comme pour signifier que cette figure masculine, voire patriarcale, s’apparente désormais à un fantôme, à la fois distant et intangible. Cette insulte au progrès recevra ce que tout ennemi au  vivre-ensemble mérite, il mourra quand son vaisseau est détruit par les Klingons. Vous le sentez le message politique ? Des étrangers barbares, à la peau matte, s’exprimant dans une langue râpeuse et étrange, détruisent un vaisseau nommé Europa dirigé par un homme blanc, blond, fort et dominant. Subtil…

Les personnages féminins,

ou quand les femens deviennent astronautes

Dans un deux poids deux mesures caractéristiques de la cause féministe dont la véritable égalité entre les sexes est chimérique, les femmes s’illustrent dans la série par d’éminentes prouesses et bénéficient d’un traitement autrement plus avantageux que leurs homologues masculins.

Michael Burnham : protagoniste de la série, c’est une femme qui cumule toutes les qualités possibles. Elle est forte, elle est belle, elle est absolument brillante, et surtout, extase pour les tenants de la diversité bienheureuse, non seulement elle est noire, mais de surcroît à moitié extraterrestre puisqu’elle a grandi sur Vulcain. Délice progressiste, elle n’a pas de famille de sang en ayant été adoptée par un étranger et élevée selon les préceptes d’une autre culture. Burnham a toujours une longueur de lucidité en avance sur tout le monde et ne se trompe jamais. Et puisque le progrès concerne tous les êtres vivants, le spectateur écope même d’une dose de respect de la cause animal puisque Burnham ira jusqu’à montrer de la compassion envers un monstre de l’espace qui a pourtant décimé tout l’équipage d’un vaisseau. C’est bien connu, les victimes ne sont pas celles que l’ont croit…

Philippa Georgiou : Capitaine de l’USS Shenzhou, elle s’impose comme le mentor de Burnham dans les premiers épisodes, presque comme une mère par substitution. L’actrice Michelle Yeoh qui l’interprète a déclaré lors d’un entretien qu’elle avait ouvertement conservé son accent chinois pour apporter plus de diversité à la série. Georgiou se veut bienveillante et prudente, et il faut reconnaître que c’est inédit et bienvenue de voir une femme capitaine discuter stratégie militaire et enjeux politiques avec son officier en second qui est également une femme. Le personnage meut lors de la bataille des étoiles binaires, mais revient un peu plus tard sous les traits d’une Georgiou parallèle issue de l’autre univers où elle est l’impératrice. Son privilège de sexe se manifeste au moment où Burnham retourne dans son univers d’origine, en sauvant la Georgiou maléfique d’un sort funeste. Alors que Tyler et Lorca sont liquidés sans la moindre sommation ni autre forme de procès, le premier pour être victime d’une expérience affreuse, l’autre pour avoir tenté un coup d’État, que cette version du capitaine est l’équivalent de Hitler dans l’espace (pour rappelle, elle bombarde une planète entière pour exterminer des rebelles et mange un plat à base de kelpien, soit l’espèce de Saru) et que Burnham est censée faire montre de logique et de rationalité du fait de son enfance sur Vulcain, Georgiou sera sauvée.

Sylvia Tilly : cadet en fin de formation à bord du Diversity qui travaille sous les ordres de Stamets (le fait qu’une femme travaille pour un homme est acceptable puisque ce dernier est homosexuel, puis ce sera le xénomorphe Saru qui commandera le vaisseau). Elle partage sa cabine avec Burnham, qui devient son ami·e, et travaille au moteur sporique. Elle représente à sa manière une autre forme de minorité : les gros, en affichant des rondeurs, et comme les autres personnages qui collectionnent les points gauchistes, elle est rousse. La seule fausse note de Silvia est que c’est une femme timide et maladroite, répondant ainsi au cliché des gros introvertis, alors qu’il aurait été au contraire plus malin de montrer un caractère fort en dépit des rondeurs. Cette entorse au dogme bienpensant se justifie par le scénario et la nécessité de faire évoluer le personnage, qui gagnera en confiance, notamment en endossant le rôle de son alter ego maléfique de l’univers miroir.

Enfin, deux personnages féminins retiennent l’attention : Keyla Detmer et Airiam. Detmer est lieutenant de bord, et n’a presqu’aucune importance dans la série si ce n’est l’activation de la propulsion sporique. Son utilité est tout autre, et sert à promouvoir subtilement le transhumanisme puisqu’elle arbore un implant crânien suite à la bataille des étoiles binaires. Quant à Airiam, il n’est pas établi s’il s’agit d’un alien ou d’un humain synthétique. Toujours est-il que le personnage à la moitié de la tête en métal au point d’en faire un cyborg. Airiam et Detmer sont les deux faces de la même médaille de l’humain augmenté. Toutefois, les impératifs communautaires et sexuels primant sur la technologie, ces personnages ne possèdent pas d’arc narratif spécifique. C’est vrai que se serait bête dans une série se passant dans le futur de s’interrogear sur les implications de certaines technologies aujourd’hui balbutiantes…

Le contexte,

ou la morale et les sentiments au détriment des intérêts et de la logique

La Fédération des Planètes Unies entre en guerre contre les Klingons. Pour quel motif ? Les Klingons refusent d’être assimilés au sein de la Fédération, dont les frontières s’étendent. Attendez une minute ? Si je me souviens bien, Jean-luc Picard combat les Borgs dans la série Star Trek : Next Generation, alors que ces derniers étendent leurs frontières et souhaitent assimiler la Fédération… Curieux renversement de situation. Ceci dit, les Klingons représentent les pires aspects de l’humanité et critiquent indirectement Trump et sa politique (chose confirmée à la fois par les producteurs et les acteurs de la série). L’empire des klingons est divisé, parcourue de conflits anciens, raciste car il souhaite préserver son espèce en refusant de se mêler aux autres peuples de la Fédération, et xénophobe car il craint pour sa culture. Remplacer « empire » par Etats-Unis, et « Klingons » par cul terreux du middlewest électeurs de Trump, et tada, vous avez la moitié des citoyens d’un pays qui est ridiculisée dans un série télévisée ! Question tolérance, on repassera. Manifestement, toutes les différences ne sont pas tolérables…

Les circonstances du début de la guerre laissent également songeur. Alors qu’ils sont confrontés aux Klingons, Burnham suggère d’attaquer en premier pour éviter un conflit de plus grande ampleur. Star Trek, ou le néoconversatisme dans l’espace, avec dans le rôle de Bush, Michael Burnham. La série met en scène la nécessité de tirer en premier pour avoir la paix. Burnham échoue, tente une mutinerie, et se fait arrêter puis condamnée. Sachant que la Fédération dans Star Trek a été conçue initialement comme l’ONU dans l’espace, cet épisode se comprend comme le besoin impérieux de devoir enfreindre le droit international interplanétaire. Du moment que vous êtes motivé par de bonnes intentions, le droit ne compte plus et tout est permis. À l’heure où l’Iran, la Syrie et la Corée du Nord sont menacées d’invasion et de destruction, le message véhiculé par la série n’est pas aussi pacifiste et respectueux des autres cultures qu’il n’en a l’air. Subtil qu’on vous dit.

On appréciera par ailleurs l’univers parallèle, imaginé comme un reflet dystopique de notre propre monde où un empire terrien, xénophobe et totalitaire règne sur l’univers. Super mégacool, une satire à travers une logique binaire sans la moindre nuance ! À se demander si le Crif n’a pas écrit la réplique de Burnham quand celle-ci explique que toute l’idéologie de l’empire repose sur la Haine de l’autre. Pas besoin d’avoir fait Polytechnique et de lire Libération pour comprendre la critique à peine voilée de l’actuel gouvernement américain. L’acteur Jason Isaacs l’a même avoué dans un entretien en indiquant qu’il voulait faire référence à Trump à travers la série. La série se paie même le luxe de rajouter une couche écologiste : les manigances de l’empire dans l’univers miroir menacent l’équilibre de l’univers. Leur technologie basée sur les spores a une incidence sur les univers parallèles, et le Diversity fera tout pour forcer Trump à respecter l’accord de Paris à détruire la machine qui met en péril l’écosystème cosmique.

Sur un plan esthétique, l’apparence des Klingons devient de plus en plus monstrueuse au fil des différentes déclinaisons de la franchise. Pour une série qui nous pousse à ne pas juger sur l’apparence, on s’interroge sur la pertinence de présenter l’ennemi comme difforme avec des costumes effroyables à défaut d’être effrayants, et les gentils avec une apparence proprette et des uniformes impeccables. Au passage, Stargate avait fait preuve dans le temps d’une bien plus grande ingéniosité. Dans la saison 4, l’équipe SG-1 rencontrent les Aschens. Tout dans leur apparence laissait présager un peuple évolué : des habits simples et élégants, des manières civilisées, une technologie très avancée avec des vaisseaux spatiaux. Les Aschens se révélèrent des ennemis redoutables qui, à la manière d’Israël qui stérilise les juives originaires d’Ethiopie sous couvert de vaccination, stérilisent les peuples de différentes planètes en leur offrant un remède à toutes les maladies, mais qui à la particularité de stériliser la population, dont l’essentiel finit par disparaître et travailler comme esclaves pour les Aschens. Les êtres les plus nuisibles portent plus souvent une cravate qu’un turban.

Ensuite, à une époque où l’homosexualité n’est plus considérée comme une maladie, où le mariage homosexuel devient légal dans de plus en plus de pays et où ils peuvent vivre sereinement de nos jours en Occident, Star Trek n’est plus vraiment une série en avance sur notre temps. Il eut été plus subtil et plus intéressant de mettre un musulman à côté d’un hindou et d’un chrétien, travaillant en bonne intelligence. Au regard du contexte international, inclure à nouveau un russe, un syrien et un chinois aurait permis à Star Trek de rester dans la continuité pacifique de la toute première série où un russe, un japonais, et un américain s’entendaient dans un contexte de guerre froide. Malheureusement ou heureusement, dans le paradigme de Star Trek, les nations n’existent plus dans le futur pour être fondues dans dans la Fédération. C’est parfaitement cohérent avec le dogmatisme progressiste et constructiviste qui rejette tout ce qui relève de près ou de loin d’une conception souverainiste et d’un système de valeurs traditionnelles. Tout ce qui est ancien n’a pas lieu d’être dans Star Trek. Ce n’est pas une série de Science Fiction, mais la concrétisation du rêve de Jacques Attali : des êtres déracinés, aux origines multiples, mus uniquement par leurs émotions, prétendument pacifistes, totalement nomades en perpétuel mouvement qui grâce à la propulsion sporique sont à la fois nul part et partout. Pas étonnant que les Klingons aient tiré sur le Shenzhou dans le premeir épisode quand la capitaine Philippa Georgiou affirmait « venir en paix » à la manière de BHL toquant à la porte des pays du tiers monde…

Vers l’agacement et au-delà

Entendons-nous bien, l’homosexualité, les femmes, la diversité ne sont pas problématiques en soi. Comme le veut la formule consacrée, j’ai moi-même des amis homosexuels et noirs avec qui je m’entends comme un charme (Nadine, sort de mon corps !). En revanche, cette accumulation simultanée entraine une saturation où la politique dispute le divertissement. Personnellement, j’ai envie de voyager, d’être dépaysé, surpris et intrigué. Nous subissons déjà bien assez de propagande moraliste à longueur de temps dans les médias si bien que c’est inutile d’en rajouter une énième couche. Ça vire à l’acharnement et entraine plutôt une forme d’agacement plutôt qu’une amélioration des consciences et un changement des mentalités. J’ai envie de voir une série de Science Fiction qui fait réfléchir plutôt qu’une propagande sous couvert d’attributs de Science Fiction.

 

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