Le MacGuffin

Ah, le MacGuffin (ou McGuffin). Un grand classique de l’écriture, que ce soit pour un roman, un film, ou une série. C’est quelque chose que tout le monde connaît, même si on ne connaît pas le concept de base, et c’est presque aussi vieux que l’écriture elle-même. C’est toutefois à Alfred Hitchcock que l’on doit le nom et la popularité du concept, surtout du fait qu’il l’a bien exploité dans une bonne partie de sa filmographie.

Pour résumer simplement, le MacGuffin, c’est un prétexte. Le prétexte à mettre en scène une galerie de personnages qui s’affrontent pour lui, sans qu’on sache précisément ce que c’est et/ou à quoi ça ressemble, tout simplement parce que c’est inutile pour comprendre ce qu’il se passe. Tout ce qu’on doit savoir, c’est qu’il motive tout le monde, et qu’on comprendra (ou pas selon les cas…) à la fin.
Autant dire qu’il s’agit d’un défi pour l’auteur, celui-ci devant presque tout miser sur ses personnages, qui doivent donc être bien définis et avec des réactions qui tiennent la route, ainsi que sur un certain suspense ou un enchaînement d’actions qui permet de faire avancer le tout.

L’exercice du MacGuffin, même s’il peut être risqué, est toutefois très répandu, et cela dans à peu près tous les médias. Notons qu’il peut très bien également s’agir d’un être humain.
Outre les films d’Alfred Hitchcock, on peut citer, comme autres œuvres exploitant le principe :
* One Piece [Manga/Eiichiro Oda] : Le One Piece est ici le trésor suprême que Gol D.Roger, prêt à être mis à mort, a dit avoir caché quelque part, excitant ainsi la convoitise de tous les pirates du monde et menant, plusieurs années plus tard, au départ de Luffy. Celui-ci rêve en effet de devenir le Roi des Pirates, et quoi de mieux que de découvrir le One Piece pour cela ? Notons qu’à l’instar du Graal, personne n’a la moindre idée de ce que ça peut bien être ou à quoi ça ressemble, ni même s’il existe réellement…
* Le cycle arthurien [Auteurs divers] : Puisque le sujet est abordé, difficile de ne pas citer le Graal ici, pur prétexte à la création des Chevaliers de la Table Ronde et l’unification du pays par Arthur, qui fera de cet objet sa quête suprême.
* Le Faucon Maltais [Roman policier/Dashiell Hammett] : Dès le départ, on nous définit le Faucon Maltais comme une précieuse statuette, ce qui lance ainsi Sam Spade au milieu d’une galerie de personnages menaçants tous plus attirés les uns que les autres par ce faucon. Un grand sac de nœuds démêlé à la fin, où l’on découvre enfin le faucon, mais aussi le fin mot de l’histoire. Le roman a été adapté plusieurs fois au cinéma, et on retient notamment la version de John Huston avec Humphrey Bogart, de 1941.
* Au Cœur des Ténèbres [Nouvelle d’aventures/Joseph Conrad] : Charles Barlow, officier de la marine marchande britannique, est engagé par une compagnie belge pour aller rétablir les contacts commerciaux avec un comptoir colonial en Afrique, dirigé par un certain Kurtz. Si cette idée peut paraître simple et donner une aventure basique, elle est à l’origine d’une lente descente dans la folie et les ténèbres de l’Homme, Kurtz étant à la fois le prétexte et le climax de cette quête. La nouvelle a été adaptée, entre autres, au cinéma en 1979 par Francis Ford Coppola avec Apocalypse Now, et dans le jeu vidéo avec Spec Ops : The Line, développé par Yager. Dans les deux cas, le conflit est resitué (guerre du Viêt Nam pour Coppola, un e catastrophe et un conflit fictifs àDubaï dans notre époque pour Yager) et seuls restent l’essence du texte et son déroulement, ce qui est exactement sa force.

La liste pourrait continuer longtemps, mais je n’ai pas voulu trop en faire, cet article ayant pour but de vous expliquer le MacGuffin, pas de faire la liste de ce qui existe sur le sujet😉
L’article Wikipédia, plus haut, vous donnera encore d’autres pistes à explorer, si ça vous intéresse.

Article originellement publié sur Writing SFF.

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